Le Mercedes EQA (basé sur le GLA thermique) a été lancé en France début 2021. Les exemplaires EQA 250 et 350 4Matic achetés en 2022 affichent 50 000 à 90 000 km. Voici ce que retiennent les propriétaires.
Ce qui ravit toujours
La qualité perçue intérieur tient ses promesses. Cuir véritable sur AMG Line, double écran 10,25 pouces MBUX, ambiance lumineuse 64 couleurs, finition globale au-dessus de la concurrence non premium.
Le confort de roulement reste un atout marquant. Suspension multibras à l'arrière, insonorisation soignée, position de conduite haute valorisante. Pour avaler 800 km dans la journée, l'EQA fatigue peu.
Le système MBUX bien que vieillissant face à la nouvelle génération Mercedes reste agréable. Reconnaissance vocale efficace, écran tactile précis, navigation intégrée correcte.
Le SAV Mercedes France reste l'un des points forts. Concessions premium, voiture de courtoisie systématique, suivi du carnet rigoureux.
Pour qui vient d'un GLA ou GLC thermique, le passage à l'EQA est confortable. Mêmes codes, mêmes habitudes, mais en silence. Le service après-vente est à la hauteur du prix.
Ce qui irrite
L'autonomie reste décevante face au prix. EQA 250 (66,5 kWh utile) : 320 km en mixte FR réel, 240 km sur autoroute à 110 km/h. Pour un véhicule de plus de 55 000 € catalogue, c'est en retrait du segment.
Le poids de 2,1 tonnes (EQA 250) à 2,2 tonnes (EQA 350 4Matic) pèse sur la dynamique et la consommation. Une EQA 350 tourne à 22-25 kWh aux 100 km en autoroute hiver.
La charge rapide plafonne à 100 kW DC, ce qui est faible pour ce niveau de prix. Compter 35 minutes pour 10 à 80 % sur borne 150 kW. Face à un EQ6 ou un Ioniq 5, c'est nettement en retrait.
Le coffre de 340 litres est ridicule pour le gabarit. Le compartiment batterie sous plancher impacte fortement le volume utile.
L'arrière reste juste pour deux adultes en hauteur. La banquette est positionnée plus haut que sur GLA thermique à cause de la batterie.
Les vrais coûts
Entretien : 450 à 650 € par an chez Mercedes selon kilométrage. Tarifs premium, en cohérence.
Pneus : 19 ou 20 pouces, 1 300 à 1 800 € le train monté en Michelin Pilot Sport EV ou Pirelli P Zero.
Recharge à domicile : 19 à 22 kWh aux 100 km en mixte réel, soit 4 € aux 100 km en heures creuses.
Assurance : 1 100 à 1 700 € par an en tous risques.
La fiabilité observée
Correcte. Le moteur synchrone (190 ch sur 250, 292 ch sur 350) ne pose pas de problème majeur. La batterie LG Chem 66,5 kWh utile perd 6 à 9 % à 70 000 km.
Soucis remontés : module HV (haute tension) qui se met en défaut sur certains exemplaires 2021-2022 (rappel), capteur de stationnement défectueux, MBUX qui freeze ponctuellement, capteur de pluie capricieux.
Un rappel européen a touché une partie des EQA pour un défaut de fixation de la batterie en cas de choc. Pris en charge correctement par Mercedes France.
Le SAV Mercedes reste la référence du segment premium. Diagnostic rapide, voiture de courtoisie EQA ou GLA, suivi numérique. Pour un usage particulier ou flotte premium, ça compte.
Trois ans, 65 000 km, deux passages SAV : un rappel batterie HV, un module MBUX. À chaque fois voiture rendue en moins de 48 heures, EQA de courtoisie. C'est ce qui justifie le tarif.
La cote en occasion
Décote forte. Une EQA 250 AMG Line 2022 achetée 60 000 € se revend autour de 28 000 à 32 000 € fin 2025. Le marché premium électrique est saturé d'offres concurrentes (BMW iX1, Audi Q4 e-tron).
Le verdict
Le Mercedes EQA reste un SUV compact premium agréable pour qui priorise la qualité perçue, le confort et le SAV. Présentation soignée, MBUX efficace, suivi Mercedes en bon point. Le prix à payer : autonomie en retrait face au prix, charge rapide moyenne, coffre étriqué, décote sévère. Pour un client Mercedes fidèle qui veut passer à l'électrique sans changer ses habitudes, c'est défendable en occasion. Pour un acheteur rationnel qui compare le rapport prix/contenu, regarder Audi Q4 e-tron 40 ou BMW iX1 plus convaincants à budget similaire.