Le Hyundai Kona EV première génération (2018-2023) partage sa technique avec le Kia e-Niro. Sur l''occasion, un Kona EV 64 kWh Creative de 2020 se négocie autour de 18 500 €, une finition Executive autour de 21 500 €. Cinq pièges techniques propres au Kona à examiner, en plus de ceux communs au e-Niro.
Le rappel batterie historique de 2020-2021
Le Kona EV a connu le plus important rappel batterie de l''histoire automobile à ce jour. Suite à plusieurs incendies spontanés en Corée du Sud, Hyundai a procédé au remplacement complet du pack batterie sur tous les Kona EV produits entre 2018 et mars 2020, soit environ 82 000 véhicules dans le monde.
Vérifications absolument obligatoires :
- application du rappel batterie confirmée par carnet Hyundai
- vérification de la date de remplacement effective (pack neuf datant de 2021 minimum)
- pas de marquage "véhicule en attente de rappel" sur le VIN
- mise à jour du BMS vers la version V3.1 minimum
Sans application du rappel, le véhicule présente un risque réel d''incendie en charge. Aucune solution alternative au rappel, la voiture est techniquement non assurable en l''état.
La pompe à chaleur sur option également
Comme sur l''e-Niro, la pompe à chaleur n''est pas systématique. Elle figure de série sur Executive uniquement, en option à 900 € sur les autres finitions. Sans pompe à chaleur, l''autonomie hivernale chute de 30 à 35 %, soit environ 240 km sur une version 64 kWh homologuée 484 km WLTP.
Vérifiez sa présence dans le menu Climatisation avant achat.
Le module IGPM et la batterie 12 V
Mêmes défauts que sur l''e-Niro : module IGPM défaillant, décharge anormale de la batterie 12 V, refus de démarrage après quelques jours d''inactivité. Le rappel BMS doit avoir été appliqué.
Plus spécifique au Kona, le démarrage à froid peut générer un message "Anomalie démarrage VE" sur les exemplaires 2019-2020. Le défaut résulte d''un capteur de température mal calibré. Réparation : 280 à 380 €.
Le claquement de transmission et l''onduleur
Le moteur électrique 150 kW partagé avec le e-Niro présente le même défaut potentiel : bourdonnement métallique à 70-90 km/h sur les exemplaires anciens, jeu axial du réducteur. Diagnostic Hyundai obligatoire, remplacement sous garantie ou 2 200 à 3 000 € hors garantie.
Plus spécifique au Kona, l''onduleur de puissance présente des défauts de soudure sur les exemplaires produits jusqu''à fin 2019. Symptôme : voyant orange véhicule électrique allumé après accélération soutenue. Réparation : 1 600 à 2 200 € hors garantie.
Demandez l''historique des passages en concession Hyundai, deux passages ou plus pour le même type de défaut signalent un problème récurrent.
L''ergonomie intérieure et les défauts d''assemblage
Le Kona EV présente une qualité d''assemblage globalement correcte mais quelques défauts récurrents :
- garnitures de tableau de bord qui se rayent facilement, plastique mou
- console centrale qui craque en virage serré
- joints de porte arrière qui se décollent par grand froid
- bruit de roulement audible en montée de vitesse, isolation phonique limitée
Plus gênant pour un véhicule familial, le coffre de 332 litres est nettement inférieur à l''e-Niro 451 litres, conséquence d''un format SUV plus tassé.
La charge AC monophasée seulement
Information souvent ignorée : le Kona EV ne dispose pas de chargeur triphasé en standard. La charge AC plafonne à 7,2 kW monophasé. Pour un usage avec borne triphasée à la maison, la durée de charge complète atteint 10 heures, contre 6 heures sur un véhicule capable de 11 kW triphasé.
Sur les exemplaires post-2022, certains marchés européens proposaient le chargeur 11 kW triphasé en option à 600 €, mais c''est rare en France. Vérifiez sur la fiche d''origine.
Le verdict
Le Kona EV d''occasion est défendable uniquement avec rappel batterie effectué, pompe à chaleur d''origine, finition Executive, historique Hyundai complet et exemplaire post-mars 2020. Évitez absolument les Kona EV non rappelés. Provision réparations sur trois ans : 1 500 à 2 000 € hors entretien courant.